• Bernard Mananes

L’électrostimulation cérébrale améliore la vigilance des soldats américains.

De tous temps, les soldats se sont trouvés confronté à un problème de taille : la récupération. Alors que l’utilisation de certains médicaments n’a pas été concluante, une étude parue dans Nature nous apprend que l’US Air Force teste une autre voie pour accroître la vigilance des soldats : la neurostimulation.



soldat hélicoptère désert
Les soldats de demain : tous dopés ?


La fatigue, sur le champs de bataille, est une des composantes de la guerre. Liée au stress du combat, au brouillard de guerre, la vigilance des soldats tend à diminuer au fur et à mesure des heures, des jours et des nuits passés en état de veille. C’est une problématique que l’on peut également trouver dans la Marine et dans des opérations de longue durée.

Les temps de réaction se font plus long, la compréhension des ordres est moins facile… C’est un vrai handicap qu’ont à affronter toutes les armées du monde.

Déjà, dès l’Antiquité, les soldats prenaient certaines substances censées réduire la fatigue, la peur, la douleur. Au Moyen-âge, l’alcool pouvait permettre, dans une certaine mesure, aux soldats d’aller au-delà d’eux-mêmes, et, plus proche de nous, les hommes de la Wehrmacht, lors de la Seconde Guerre Mondiale tournaient à la méthamphétamine.

L’Armée française, en 1991 lors de l’Opération Daguet de libération du Koweït, ont avalé en masse des comprimés de Virgyl ( l’actuel Modafinil ), un psychostimulant puissant destiné aux narcoleptiques et seulement délivré sur ordonnance. Permettant aux soldats de veiller plus de 60 heures d’affilé, les effets délétères de cette molécule, délivrée alors même qu’elle n’avait pas encore d’autorisation de mise sur le marché par les Autorités sanitaires, avaient été mis en lumière par un rapport Parlementaire très critique.


La solution idéale ?


Ce qu’explique l’article de Nature, c’est que l’électrostimulation cérébrale d’une partie spécifique du cerveau, le « locus coerulus », permet de maintenir le soldat dans un état d’éveil optimal, sans trace invasive et sans, apparemment, d’effets secondaires, effets souvent reprochés aux différentes molécules administrées aux soldats.

Ce fameux « locus » est une zone spécifique du cerveau, situé dans le tronc cérébral et qui régule, notamment, les notions de peur, de panique ainsi que l’alternance veille-sommeil.

Grâce à un appareil portable, l’étude a ainsi démontré qu’auprès de quarante volontaires de l’US Air Force, l’application de cette méthode d’électrostimulation cérébrale du nerf vague permettait, en seulement six minutes de traitement, d’améliorer significativement les performances de ces soldats privés de sommeil pendant 34 heures.


Cette recherche de performance, même si elle n'est pas nouvelle, s'inscrit également dans la recherche du " soldat augmenté", dont la Ministre de la Défense, Florence Parly, parlait encore récemment, soulevant des problématiques d'ordre déontologiques.

Nul doute que ces travaux seront scrutés avec attention par les autres armées du monde...

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