• Bernard Mananes

L'hypnose doit-elle être réservée aux professionnels de santé ?

Mis à jour : juil. 8

C'est un débat qui agite le Landerneau hypnotique depuis quelques années. La pratique de l'hypnose doit-elle être réservée aux seuls médecins, psychiatres, psychologues ? Doit-on avoir une visée plus large de cette technique popularisée par les médias ?



L'hypnose, domaine réservé ?


Cette question, souvent débattue à longueur de forum, aurait pu rester confinée aux débats germanopratins de la sphère hypnotique française. Seulement, depuis quelques semaines, et suite à l'initiative du Syndicat National des Hypnothérapeutes (SNH), une pétition rassemblant plusieurs milliers de signatures est apparue sur le web. Le but ? Faire pression sur le Ministère de la Santé qui entend réserver l'usage de l'hypnose aux seuls professionnels de santé.

C'est une antienne que l'on entend souvent, car, de fait, quiconque peut s'improviser hypnothérapeute. Nul besoin d'un diplôme, d'un certificat. Cela peut donc être la porte ouverte à de nombreux abus. Dans nos cabinets, nous pouvons être confrontés à des patients qui ont eu affaire à des praticiens peu sérieux, aux usages douteux. Mais doit-on pour autant mettre tous les thérapeutes dans le même panier ? Généraliser n'est pas une optique pertinente : après tout, le Docteur Petiot était médecin, sa compréhension toute personnelle du serment d'Hippocrate jette-t-elle pour autant l'opprobre sur l'ensemble de la profession ?

Néanmoins, comment discerner le bon grain de l'ivraie ? Des certificats propres aux écoles de formation existent déjà, mais il n'ont pas valeur de diplôme et n'ont, de fait, que la valeur que l'on veut bien leur prêter.

Une réflexion doit donc s'engager au plus vite entre l'ensemble des acteurs de la filière, je crois qu'il serait intéressant que toutes les écoles se mettent autour de la table pour travailler à une certification commune au lieu de, souvent, se tirer dans les pattes.

Soyons ce que nous sommes.

Ensuite, nous ne devons pas nous prendre pour ce que nous ne sommes pas, et je crois que les hypnothérapeutes devraient aussi réfléchir à leurs pratiques. Non, nous ne sommes pas des psychologues ou des psychiatres, et une formation de 3 semaines ne peut équivaloir à des années d'études. Nous devons être à notre place, à savoir l'accompagnement, être le support éclairé à des chemins de vie qui peuvent se trouver en difficulté. Nous ne pouvons pas, en ayant simplement lu le manuel, traiter comme je peux le lire parfois des schizophrènes, des personnes avec des pathologies particulièrement lourdes qui ne peuvent se satisfaire d'une « écoute bienveillante ». Ce n'est pas leur rendre service et ce n'est pas nous rendre service non plus. Si nous souhaitons être des professionnels agissons en professionnels.

De fait, comment reconnaître une pathologie quand beaucoup de praticiens n'ont jamais fait de psychopathologie ? Comment travailler avec un bipolaire en décompensation lorsqu'on n'est pas en capacité de le reconnaître ? Comment piloter un Airbus si nous ne savons pas faire décoller un deltaplane ?

La formation doit donc se parfaire, se densifier, et se continuer à longueur de temps, de vie, de pratique. C'est de cette manière que nous pourrons non pas nous retrouver face à face d'un corps médical mais bien à leur côté.

Il s'agit pour nous de nous accepter dans ce que nous sommes, mais aux médicaux de nous accepter aussi tels que nous sommes. Non, nous ne pouvons pas tout traiter, mais oui, nous pouvons être d'une grande aide pour un large public.

Et si nous faisions une anamnèse collective ?


Bernard Mananes

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