• Bernard Mananes

Une brève histoire de l'hypnose

Dire que l'hypnose ne date pas d'hier serait un euphémisme. Dès l'Antiquité, en effet, on peut la rencontrer à Delphes, en Grèce, lors des célébrations des mystères d’Éleusis, ou dans les techniques indiennes du yoga dans la tradition orientale.




Plus largement, dans les sociétés traditionnelles, les hommes-médecine, les chamans ont toujours eu recours à la transe comme vecteur de guérison. Pour eux, et au travers de toute l'Histoire, les états de conscience modifiés ont constitués la porte d'entrée la plus naturelle vers un monde plus intérieur.


L'hypnose moderne prend officiellement naissance à la fin du XVIIIème siècle, avec les travaux du médecin autrichien Franz Anton Mesmer ( un célèbre hypnotiseur de spectacle reprendra ce nom, en y rajoutant un "s", pour se produire sur scène ) qui élaborera la théorie du « magnétisme animal ». Cette théorie, abandonnée depuis, était censée démontrer la transmission d’un fluide magnétique d’un sujet à un autre. Un « lien » aurait ainsi été établi entre le patient et le thérapeute, celui-ci opérant des passes sur tout le corps du malade afin de provoquer une catharsis salvatrice.


Critiquées, les interventions de Mesmer, parfois plus proches du spectacle que de la thérapie, n'en demeurent pas moins les premiers essais de théorisation du fait hypnotique.

Mais c’est à un autre médecin, le Britannique James Braid (1837-1910), que l’on reconnaît d’en avoir établi un usage médical fiable et d’avoir créé le mot « hypnotisme » afin d'illustrer les phénomènes décrits sous le terme de « magnétisme animal ». Braid définit l'hypnose comme un « état de sommeil nerveux » dans lequel il est facile de plonger une personne en utilisant l'induction par la fixation sur un objet brillant. Il utilise cette méthode, notamment pour obtenir l'anesthésie lors d'interventions chirurgicales. On rappellera que l’éther en anesthésie ne sera utilisé pour la première fois aux États-Unis qu'en 1842 et en France qu'en 1847.


Paris contre Nancy


La fin du XIXème siècle voit le rayonnement de l’hypnose en France allant de pair avec celui de la médecine française (1880-1890). Une vraie floraison intellectuelle autour de l'hypnose nait alors, et deux figures majeures symbolisent à elles seules ce renouveau : Charcot et Bernheim.


Jean- Baptiste Charcot

Jean Martin Charcot (1825-1893) médecin à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, considère l’hypnotisme comme « une mine précieuse à exploiter, aussi bien pour le physiologiste et psychologue que pour le médecin. »(1881) mais il s’en détourne plus tard, assimilant l’état hypnotique à un état pathologique de même nature que l’hystérie.


A la même époque, le psychiatre Hyppolite Bernheim, créateur de l’École de Nancy, après l’avoir pratiquée, s’oppose aux théories de Charcot et la décrit comme un phénomène psychologique normal. Cependant, progressivement, il abandonna l’hypnose formelle : "il n’y a pas d’hypnotisme, il n’y a que de la suggestibilité".


Freud, un temps disciple de Charcot, utilise l’hypnose pendant quelque temps mais y renonce considérant d’une part qu’elle ne laissait pas au patient la possibilité de s’investir pleinement dans la cure et d’autre part que l’absence de neutralité du thérapeute et la possibilité de mythification retiraient au travail psychique sa rigueur indispensable. Il conserva néanmoins de cette époque le dispositif initial : l’analysant allongé sur un divan en position de repos et l’analyste assis derrière lui.


L'hypnose ericksonienne


Alors que, jusqu'au début du XXème siècle, c'est la technique de l'hypnose directe ( ou directive ) qui est utilisée, cette pratique va connaître une révolution avec Milton Erickson.

La forme moderne de l’hypnose est issue de ses travaux. Il a passé une partie de sa vie à étudier l’hypnose et son utilisation en psychothérapie. A 17 ans, il est atteint par une poliomyélite, le médecin de famille déclare qu’il va mourir. Milton Erickson se retrouve complètement paralysé et utilise sur lui, des techniques d’auto hypnose, aussi, il commence à observer le langage non verbal de ses proches.


Il travaille à sa revalidation, physiquement et mentalement,  découvrant des techniques d’auto hypnose pour sa survie, il parvient à récupérer sa mobilité et entame ses études de psychologie, et médecine, il deviendra psychiatre.


Son enseignement, ses techniques font de lui un des plus grands thérapeute moderne. Les fondateurs de la programmation neuro-linguistique, la PNL, s'inspireront de lui pour fonder leur technique au travers de l'école de Palo-Alto, aux Etats-Unis.

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