• Bernard Mananes

Les réseaux sociaux perturbent plus les filles que les garçons

Des chercheurs britanniques ont analysé, entre 2009 et 2015, les usages des réseaux sociaux, leur bien-être général et les éventuels troubles émotionnels d’enfants de 10 à 15 ans. Le constat est sans appel : Facebook et compagnie ont un impact majeur sur la vie de nos pré adolescents. Ce que l’on ne savait pas, c’est que nous ne sommes pas tous égaux devant les écrans. Explications.



enfant, écran
Les enfants prisonniers des écrans

On savait les écrans nocifs pour les plus jeunes, de nombreuses études, étayées et souvent indiscutables, l’ont maintes fois démontré. Ce que l’on ignorait, de manière scientifique s’entend, c’était l’impact que pouvait avoir les réseaux sociaux, les messageries instantanées sur un pan de la population particulièrement friand de ces outils : les plus jeunes.

Pour en avoir le cœur net, les chercheurs, dans l’étude « Gender differences in the associations between age trends of social media interaction and well-being among 10-15 year olds in the UK » dirigée par Cara L. Booker et publiée en juillet 2018 dans BMC Public Health, ont interrogé 10.000 enfants de 10 à 15 ans dans tout le Royaume-Uni.


Premier constat, qui vaut pour les deux sexes, le temps passé sur les réseaux sociaux progresse fortement. Et les filles y restent plus longtemps que les garçons. Dès l’âge de 10 ans, elles y sont présente, soit 5 points de plus que les garçons et, dès 13 ans, 50 % d’entre elles y consacrent plus d’une heure par jour, contre 30 % chez les garçons.

Plus d’écran = moins de bonheur.

De même, une corrélation directe a été montrée entre l’usage des réseaux sociaux et l’apparition des troubles du comportement émotionnel. En clair, utilisés dès 10 ans, l’usage de ses outils augmentent de 10 % les troubles du comportement et à une chute de la notion de bien-être quelques années après. Une tel lien n’a pas été, en revanche, démontré pour les garçons. Un chiffre à rapporter au nombre de français qui se disent eux-même déprimés.

Selon cette étude, les filles seraient donc à la fois plus actives sur les réseaux et plus impactées sur le long terme par ce que l’on peut appeler un mésusage.

De fait, il est bon de rappeler que la plupart des réseaux sociaux sont interdits aux moins de 16 ans ( voire 18 ans ) et que la présence parentale est indispensable pour initier et accompagner les enfants dans les premiers temps de leurs vies numériques.

En cabinet, nous commençons d’ailleurs à recevoir des premiers cas d’addiction numérique, ce qui est, à ma connaissance, la première fois dans l’histoire où une addiction est liée à un outil technologique. Rappelons qu'en France, le taux d'équipement en smartphones est passé, chez les 12/17 ans de 22% en 2011 à 83% en 2018, et que, déjà, les enfants de 1 à 6 ans passent plus de 4 heures par semaine devant un écran... A méditer.


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