• Bernard Mananes

Les thérapies de conversion sexuelles interdites en Allemagne

Venues des États-Unis, les « thérapies de conversion » connues aussi sous le nom de «thérapies de réorientation sexuelle», sont un ensemble de croyances qui prétendent «guérir» les homosexuels de leurs travers supposés... Outre que l'homosexualité n'est pas une maladie, ce genre de promesses est désormais interdit en Allemagne. Quant à la France...



Le Bundestag, le Parlement allemand, vient de voter le 7 mai dernier l'interdiction des soi-disant « thérapies de conversion » à destination des homosexuels de moins de 18 ans. Désormais, Toute personne faisant la publicité ou proposant ces programmes de « guérison » s’expose désormais à 30 000 euros d’amende ou à un an de prison. De même, “Les parents ou les tuteurs légaux qui forceraient leurs enfants à se soumettre à ces programmes pourront aussi être poursuivis pour manquement à leur devoir de protection” nous apprend Deutsche Welle.


C'est un signe fort qu'envoie le Gouvernement allemand envers tout un fatras de théories plus fumeuses les unes que les autres. Venues des USA, les thérapies de conversion ne sont que le dernier des succédanés d'une lutte acharnée contre l'homosexualité provenant d'une certaine franche de la Droite ultra et de certains fondamentalistes religieux. Sur ce dernier point, pas de jaloux : toutes les religions monothéistes ont leurs zélotes zélés. Ainsi, au début du Vingtième siècle, la lobotomie et les électrochocs ont couramment été utilisés pour « lutter » contre ce qui était encore vu comme une paraphilie. Rappelons que l'homosexualité n'a été sortie du DSM qu'en 1984 et que l'Organisation Mondiale de la Santé ne l'a enlevé de sa liste des maladies mentales qu'en 2001...


Dans les années 1960, tout un panel de techniques aversives commencent à apparaître. Il s'agit alors de lier toute pensée à caractère homosexuel avec un stimulus négatif : là encore des électrochocs ( sur la main, le sexe, la jambe...), ou bien alors des odeurs fétides, des douleurs... et de lancer des stimuli positifs à la vue d'une sexualité hétérosexuelle : odeurs plaisantes, arrêt de la douleur, etc...


Autant dire que ce genre de techniques n'a eu aucun succès et que les études appuyant ce genre de théories sont désormais classées au rayon des pseudosciences...


Néanmoins, toute une génération de jeunes homosexuels a été durablement et profondément traumatisé par ce genre de pratiques. Et le principal risque, pour celles et ceux ayant eu à subir ce genre de traitement est bien entendu le suicide.


Selon une étude parue en septembre dernier portant sur ces « thérapies de conversion » vis à vis des personnes transsexuelles, et portant sur un échantillon de 28.000 personnes interrogées, le danger du suicide est multiplié par deux par rapport à leurs pairs ayant suivi une autre méthode.


Pire encore, les enfants de moins de 10 ans ayant subi de telles pratiques ont un risque suicidaire multiplié par quatre


Et en France ?


Dans notre pays, de telles pratiques ne sont pas encore interdites, alors qu'elles le sont dans d'autres contrées : l'Allemagne, comme nous l'avons vu, mais aussi l'Argentine, le Brésil, certaines communautés autonomes espagnoles, certains états américains....


Souvent proches de pratiques sectaires, déguisées sous forme de stages ou de séminaires, ces thérapies qui utilisent parfois l'alibi de l'hypnose, continuent de faire des dégâts. Une mission parlementaire devrait très prochainement – avant la crise du COVID, il était question de fin 2020 – statuer et proposer un texte de loi punissant de 30.000 euros d'amende et de deux ans de prison toute tentative de « conversion ».

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