• Bernard Mananes

Thérapeutes, nous ne servons à rien !

Mis à jour : 28 avr. 2019

Au fil d'articles, on apprend que certains métiers ont vocation à disparaître : banquier, caissière, journaliste, comptable... Si le mouvement semble inéluctable pour certaines professions, qu'en est-il pour celles de thérapeute ?


C'est une série de coupures de presse qui m'a mis la puce à l'oreille. Ici, on apprend que l'hypnose entre à l’hôpital par le biais de casques, là, on apprend que l'on peut s'endormir ou bien arrêter de fumer grâce à un masque entraînant un effet hypnotique puissant... La question est donc véritable : que va-t-il nous rester à nous, thérapeute ? Allons-nous être "dissocié" du monde du travail ?

J'en vois déjà se lamenter, réfléchir à une re-reconversion ( le thérapeute étant souvent adepte des vies professionnelles multiples ) et pleurant à chaudes larmes sur les malheurs de notre civilisation bien ingrate...



le masque d'hypnose de la société Dreaminzzz

Avant que de se flageller avec des orties fraîches, il convient tout de même de constater les évidents progrès de la science et des techniques. Les connaissances en cognitive qui nous permettent d'exercer, le mindmapping, la complexité neuronale de notre matière grise... Cela est dû, en grande partie aux progrès des sciences dures. Un scanner, un IRM, n'est pas né par hasard, et il convient d'observer avec intérêt, et pour le plus grand bien de nos consultants, les progrès qui sont réalisés jour après jour.

De fait, c'est depuis un traitement de texte informatique que le dernier typographe a sans doute acté la disparition de son métier. Peut-être que le dernier hypnothérapeute se couvrira la tête d'un de ces heaumes électroniques dans l'espoir d'oublier qu'il disparaît ?


Ecce Homo


Nous n'en sommes heureusement pas là. Et, de l'aveu même de ceux qui ont essayé ces dispositifs, ils sont largement imparfaits.

Il n'empêche... Il n'empêche que le mouvement de la numérisation des thérapies, et en particulier de l'hypnothérapie, est déjà lancé. Il suffit pour s'en convaincre d'aller sur Youtube et de regarder le nombre de séances d'hypno proposées en libre accès. Il suffit de constater le nombre de services qui utilisent des techniques hypnotiques ou assimilées pour faire apprendre plus vite, être plus performant, mieux « vivre »... Demain, pourquoi ne pas imaginer de telles vidéos avec des thérapeutes en image de synthèse ?

Une de mes consultantes s'étaient amusée à se laisser « hypnotiser » par une vidéo ( comme celle d'un hypnothérapeute belge, vue des milliers de fois, et connu pour sa voix flippante) , et cela l'avait vraiment chamboulé.


Y'a-t-il donc une différence fondamentale entre ces séances, ces process ultra-standardisés ou la calibration, l'anamnèse, le ressenti de l'être humain qu'il y a face à soi est totalement exclu, et les fameux casques d'hypnose informatique ? Je ne crois pas.

Cela doit nous interroger sur notre pratique, sur nos usages, sur la lecture de scripts en séance qui ne font pas de nous des êtres pensants mais des être « lisants ». Nous sommes dans une science humaine et un protocole n'est qu'un protocole. Sachons collectivement nous libérer du carcan qui voudrait que nos inductions soient pures et parfaites, à la ligne et à la virgule près. Perdons peut-être un peu en technique pour gagner en poésie et en humanité. Sinon, que nous restera-t-il ?


Bernard Mananes

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